Partir de l’enregistrement, pas de l’étiquette
Un examen fiable demande quelles questions ont été posées, dans quelle langue, par qui et après quels échanges antérieurs. Qualifier un entretien de « structuré » n’y répond pas ; qualifier un enfant de « préparé » non plus. Nous demandons l’examen du déroulement et des formulations avant d’attacher une conclusion à l’enfant.
L’extrait d’évaluation reproduit dans l’analyse confidentielle décrit un parent traduisant les expressions de l’enfant dans sa langue maternelle pendant un entretien mené dans d’autres langues, puis une vérification sur Google. Ce dispositif soulève une question précise sur l’origine des paroles attribuées à l’enfant. Il n’est pas nécessaire de publier son identité ou son récit intime pour l’examiner. [1]
Les faux souvenirs ne sont pas un diagnostic
La suggestion peut affecter la mémoire. Mais une possibilité générale ne prouve ni qu’un enfant déterminé a un faux souvenir, ni qu’une allégation est fabriquée, ni qu’un parent précis en est responsable. Le livre blanc de l’EAPL fondé sur la recherche recommande l’examen d’hypothèses alternatives, l’enregistrement des entretiens et des professionnels formés bénéficiant d’un retour continu sur leur pratique. Il déconseille aussi de s’appuyer sur des poupées, des schémas corporels ou l’interprétation de dessins comme preuves issues de l’entretien. [2]
Nous proposons de partir du premier récit disponible et de suivre les ajouts ultérieurs. L’examen doit porter sur la compréhension linguistique, les informations extérieures, la formulation des questions et la présence d’interprétations d’adultes dans le rapport. Il s’agit de vérifier le recueil de l’information, non de réinterroger l’enfant jusqu’à satisfaire un adulte.
Soutenir n’est pas orienter la réponse
Les recommandations américaines sur l’entretien à finalité judiciaire privilégient les invitations ouvertes et le temps de réponse, mettent en garde contre les répétitions inutiles et reconnaissent que certains enfants ont besoin de plusieurs séances correctement organisées. Un récit hésitant, éprouvé ou non linéaire ne démontre pas, à lui seul, un mensonge. [3]
Nous demandons une interprétation formée et indépendante lorsque l’enfant en a besoin. Un parent peut légitimement apporter du soutien, mais cela diffère du contrôle de la traduction dans un litige auquel il est partie. Le professionnel doit consigner les présences, leurs raisons et les mesures limitant les influences. Toute dérogation nécessaire à la méthode prévue doit apparaître au dossier.
Examiner des comportements, non invoquer un syndrome
Les orientations de 2024 du Family Justice Council pour l’Angleterre et le pays de Galles rejettent le « syndrome d’aliénation parentale » comme base diagnostique, tout en reconnaissant les dommages graves d’une manipulation psychologique établie. Elles demandent d’examiner les explications concurrentes, dont les violences et les conduites protectrices ; une allégation de violence non établie ne prouve pas en soi une manipulation. Il s’agit d’un éclairage comparatif, non du droit géorgien. [4]
Nos questions en Géorgie sont concrètes : l’enfant a-t-il été menacé, récompensé pour un récit ou invité à répéter les paroles d’un adulte ? Existe-t-il une trace contemporaine ? La peur peut-elle s’expliquer par des mauvais traitements réels, une difficulté de traduction ou autre chose ? Ces questions valent pour les deux parents comme pour les professionnels.
Ce que nous demandons aux institutions
Nous proposons la conservation intégrale des entretiens, un examen indépendant des méthodes sérieusement contestées et des modalités claires permettant à l’avocat de signaler ses préoccupations. Les résumés doivent identifier leurs auteurs et leurs sources ; les traductions, l’interprète et ses compétences vérifiées.
Lorsque l’on soupçonne une influence, l’enquête et la protection doivent avancer ensemble. L’enfant ne doit pas choisir quel adulte confirmer. Le soin doit répondre à ses besoins ; l’appréciation des faits contestés doit rester une tâche d’enquête soumise à responsabilité.
Sources juridiques et références
- Analyse confidentielle d’un dossier concernant les évaluations et les réponses institutionnelles.
- Korkman et autres — livre blanc sur les entretiens d’investigation avec les enfants : recommandations de l’Association européenne de psychologie et de droit issues de la recherche ; première publication en ligne en 2024
- OJJDP, États-Unis — entretiens d’investigation avec les enfants : bonnes pratiques ; 2015
- Family Justice Council, Angleterre et pays de Galles — guide sur la réticence, la résistance ou le refus inexpliqués d’un enfant de voir un parent et sur les allégations de comportements aliénants ; décembre 2024, notamment paragraphes 6, 10 à 12 et 63 à 64




